S’aider activement à concevoir bébé

Et si c’était mon conjoint-e qui bloquait?

Qu’est-ce qui peut constituer une barrière pour la réalisation de votre désir d’enfant ? Certains blocages sont parfois conscients, d’autres inconscients. Certains blocages peuvent être plutôt liés à Madame, d’autres à Monsieur… et ce ne sont pas toujours là où on pense qu’ils sont…

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Qui bloque

Dans un couple, il existe plusieurs constellations 

  • l’un des deux partenaires exprime un ou des blocages
  • les deux partenaires expriment des blocages (différents ou identiques)

Ces deux constellations reviennent en fait au même car… ils parlent de votre famille à venir, de votre couple parental en construction et de votre couple conjugal actuel.

Dans certains couples, j’entends parfois que seul un des partenaires serait bloqué: « il ne veut pas », « elle refuse d’avoir un enfant ». Or comme le couple est un système, un microcosme, il est toujours important de prendre en compte la dynamique du couple de manière globale.

Prenons un exemple

José exprime les doutes qu’il a pour savoir s’il est bon pour leur couple d’avoir un enfant : seront-ils capables de s’occuper ensemble d’un enfant

En interrogeant José sur ses doutes, il a pu exprimer que lui et Chloé se disputaient régulièrement sur des sujets « qui n’en valaient pas la peine ». Il redoutait que du coup, pour un sujet « qui en valait la peine », ils n’arrivent vraiment pas à accorder leurs violons.

Accueillir le blocage vécu

Il n’y a pas de petit sujet. Tous les doutes et les craintes sont à prendre au sérieux. Les minimiser, dire que « ça passera », « ne te prends pas la tête », ne fait que créer une détresse psychologique chez la personne qui vit déjà ces doutes, un sentiment de ne pas être pris au sérieux, un reniement de ses émotions.

Pour José, il lui semblait évident et nécessaire de construire d’abord un couple solide avant de fonder une famille. Quand on sait que la majorité des divorces se produisent dans les 4 ans après la naissance d’un enfant (en général le second), ces doutes sont réellement à prendre en sérieux. Minimiser les craintes de José n’aurait fait que de renforcer le problème déjà existant des difficultés de communication au sein du couple.

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Traiter le symptôme ou affronter le vraie piège?

J’aimerais aussi vous rendre attentifs au fait que parfois, on essaie de « traiter un symptôme » alors que la vraie peur à dépasser en est encore une autre.

John dit « ne pas être prêt-e » bien que sur le fond il ait envie d’avoir un enfant. Pour traiter le symptôme, Léa pousse et presse. Mais en questionnant Léa, je comprends qu’elle est pressée d’avoir un enfant pour « avoir un enfant en même temps que ses ami-e-s afin qu’elle ne soit pas seule pour élever son enfant et que son enfant ait des amis». Le plus important a alors été de travailler avec Léa sur ses peurs et ses croyances. Cette crainte de se retrouver seule et que son enfant soit seule était le vrai fond du problème.

Après avoir travaillé sur cette peur et permis à Léa de faire retomber la pression, John a pu avoir naturellement accès à son envie à lui d’avoir un enfant.

Illusion et désillusion

Le blocage vécu avant la naissance… se résout rarement par magie après la naissance.

C’est un peu comme si, on avait semé 5 graines dans un champ et que l’on s’attendait à récolter tout un champ à la fin de l’été. C’est une illusion qui risque de vous laisser bien démuni à la fin de l’été et de vous faire vivre une famine.

Ainsi, si vous ou votre conjoint ressent une crainte, une peur et que vous y répondez avec un « ça va passer », vous risquez de vous trouver bien démuni lorsque vous serez réellement confronté à la situation que vous redoutez.

Stéphanie sortait d’une relation de couple où elle avait vécu des violences physiques. En couple avec son nouveau conjoint, elle retrouvait lentement confiance en elle-même et en une relation positive. Bébé est arrivé 9 mois après le début de leur relation et très en alerte, elle redoutait la moindre parole ou geste déplacé de son conjoint. Prise au piège d’émotions non libérées, de traumatismes encore très frais, toute parole maladroite (et non violente) était vécue comme une violence par Stéphanie.

C’est ce qu’on appelle une prophétie auto-réalisatrice : je redoute tellement que quelque chose arrive, que je n’arrive plus à me connecter à ma confiance en moi ou au bien-être – et cela se produit alors réellement.

Avancer grâce… aux peurs de l’autre

Quelle position est-ce que je souhaite prendre vis-à-vis des peurs de l’autre ? Est-ce normal d’avoir des doutes, craintes ou peurs ? Est-ce acceptable d’avoir des points faibles ? Est-ce cette valeur ci que je souhaite transmettre plus tard à mes enfants?

Quelles émotions émergent alors en moi lorsque je ressens les doutes, craintes ou peurs de l’autre ?

Quelle image ai-je alors de lui/d’elle? Est-ce celle que je souhaite avoir de lui/d’elle ?

Ainsi, cela nous amène très rapidement à nos propres peurs : si mon conjoint-e n’assure pas et que « tout » repose sur moi, quelle peur, crainte ou doute se réveille ? N’est-ce pas déstabilisant de sentir que, pour ce sujet , « il/elle ne gère pas », « je ne vais pas pouvoir me reposer sur lui », « que sa peur est un poids pour moi ».

Vous percevez la dynamique systémique qu’il y a ?

« Il/Elle m’énerve, il/elle a peur de tout »

« Elle/Il pourrait faire un effort pour dépasser sa peur »

« Ce n’est pas un Homme / une Femme pour avoir peur comme cela »

« De toute façon, il/elle n’est jamais prêt à rien assumer »

On tombe si facilement dans l’agacement, l’énervement ou le jugement. C’est compréhensible. Et en même temps, ces pensées ne résolvent pas la situation ni ne la font avancer.

Ce qui devrait bien plus vous intéresser, c’est la pensée et l’émotion que vous avez quand vous voyez votre conjoint-e avoir peur. Le fait de travailler vous même sur cette émotion débloque également souvent bien nombre de choses (c’est le principe de la systémique : tout est relié et interrelié, nous ne sommes qu’un).

Construire l’espace dans le couple pour dépasser ses peurs

Vous aurez très certainement noté que vous ne vous comportez pas tout à fait de la même manière lorsque vous discutez avec une personne ou une autre. Peut-être ne parlez vous pas des mêmes sujets ou n’en discutez vous pas autant en profondeur.

Pourquoi ? Parce que l’on ne laisse pas tout le monde avoir accès à notre intimité. On met la limite à des endroits très différents, selon si « on est sur la même longueur d’onde ou pas ». Et c’est réellement naturel et sain.

De la même manière, on ne va pas au lit avec tout le monde.

Construire un couple, c’est construire une intimité. C’est construire un espace où chacun des deux peut être entendu et reconnu dans ce qu’il est. Un espace où chacun va se sentir suffisamment en sécurité pour exprimer qui il est.

Et laisser l’autre avoir accès à ses craintes et ses doutes, c’est laisser l’autre avoir intimement accès à qui nous sommes, à nos faiblesses, à nos blessures. Quelle chance de voir que l’autre a suffisamment confiance en nous, en notre couple, pour exprimer cette peur.

Et nous, sommes nous prêt à nous laisser aller à exprimer sur nos peurs, nos doutes, nos angoisses ? Et de manière plus générale dans la vie ?

Affronter mentalement… pour mieux dépasser

Une peur se dépasse en s’affrontant et cela commence par l’affrontement mental. Il est inutile de mettre une araignée devant quelqu’un qui a une phobie de l’araignée, cela ne va jamais fonctionner.

De même, cela ne sert à rien de forcer quelqu’un à avoir un enfant pour qu’il affronte sa peur, cela risque de créer une situation de crise en famille.

Alors il s’agit notamment de confronter mentalement la personne. D’imaginer tout ce qui pourrait arriver de pire et en quoi cela vous pose un problème.

 

Prenons un exemple : « Mon conjoint risque de ne plus me trouver attrayante après un accouchement »

Et voici quelques questions pertinentes que l’on peut se poser

  • Quels sont les éléments importants pour que mon conjoint me trouve attrayante ? Il s’agit de lui poser la question et d’écouter ses réponses, pas d’imaginer ce que lui peut penser.
  • Quels sont les éléments importants pour moi pour me sentir attrayante ? Qu’est-ce que je souhaite pouvoir faire, avoir ou être pour être attrayante ?
  • En quoi la grossesse et l’accouchement risque de menacer l’un ou l’autre de ces éléments ?
  • Est-ce que je me sens prête et mon conjoint aussi à renoncer à ces éléments ? Et à en mettre d’autres en place à la place ?
  • Quelle part de responsabilité j’aurais ? Par exemple dans la réduction de mon poids à moyen terme après l’accouchement. Ou dans l’acceptation de ma fatigue et de l’impact sur la baisse de mon désir.
  • Si mon conjoint ne pouvait pas faire le deuil d’éléments hors de mon contrôle (par ex. douleurs vaginales), que se passerait-il pour notre couple ?
  • Que faudrait-il pour que mon conjoint accepte ces changements ? Que me faut-il pour bien vivre ces changements ?
  • Est-ce que je suis prêt-e à accepter un conjoint qui me rejette pour ces motifs ? (que cela entraine une séparation ou non).
  • Est-ce que je souhaite que ce conjoint qui me rejetterait pour ces motifs soit le père de mes enfants ? Qu’est-ce que je transmettrais alors à mes enfants ?

Une peur se dépasse en s’affrontant et cela commence par l’affrontement mental comme vous venez de le lire. Et en même temps, vous ne pourrez le faire (ou votre conjoint-e) qu’au rythme des ressources dont vous disposez. 

Car oui affronter une peur, même mentalement, demande de l’énergie. Finalement, on ne s’attendrait pas à ce que quelqu’un aille courir un marathon s’il n’avait pas la force physique pour le faire. C’est la même chose avec les peurs.

Simplement, si vous sentez que vous tournez en rond, c’est le moment de fair appel a un-e thérapeute pour vous accompagner.

 

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